Fruits et légumes bio : quand la grande distribution se goinfre de sur-marges

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C’est une étude de longue haleine menée sur plus de 1600 magasins qui dénonce les surmarges pratiquées par la grande distribution. En effet, les légumes et fruits bio sont en moyenne 79 % plus chers que leurs équivalents issus de l’agriculture conventionnelle. Sur un an la marge brute d’un panier d’un ménage français traditionnel revient en moyenne à 660 euros pour des produits bio contre 368 euros pour de l’agriculture classique.

La grande distribution profite de la méconnaissance des consommateurs

C’est donc un coût rédhibitoire pour les plus modestes. Les consommateurs ont confiants et ils savent qu’il faut payer le bio plus cher, mais ils ne savent pas quelle est le surplus réel qui serait légitime d’appliquer. De ce fait, la grande distribution surfe sur cette méconnaissance et profite surtout d’un engouement fantastique pour les produits issus de l’agriculture biologique. Pour la fédération des entreprises du commerce et de la distribution, un produit plus rare est forcément plus couteux et en l’occurrence pour les fruits et légumes biologiques plus fragile. « Dans un magasin, une fois que l’on a établi un prix de vente, on doit aussi assumer un taux de perte et un taux de produits qui s’abiment, notamment sur des produits frais tels que les fruits et légumes. Il faut quand même savoir que le taux de perte sur un produit bio est deux fois plus important que sur un produit d’agriculture conventionnelle parce que les produits ne sont pas traités et par conséquent s’abiment plus que les produits conventionnels » tentera de défendre un directeur de grande surface.

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Des arguments loin de convaincre tout le monde

Pourquoi alors dans les magasins exclusivement bios ou les marchés de plein vent, les marges ne sont pas aussi importantes alors que les coûts de production plus élevés sur le bio y sont tout autant répercutés. Les producteurs sont vraiment étonnés des marges pratiquées sur les produits bios. Celles-ci absorbant même les marges moins importantes sur les fruits et légumes issus de l’agriculture traditionnelle. Les magasins sacrifieraient donc leurs marges sur ces produits conventionnels mais ils rattraperaient celle-ci en surmargeant les produits bios qui sont de plus en plus attractifs et dont les parts de marché ne cessent d’augmenter. Plus libres de pratiquer les marges qu’ils souhaitent puisque le consommateur ne maîtrise pas bien le surcoût lié à la production biologique. Il est donc prêt à accepter n’importe quel prix, tant que c’est garanti bio.
En conclusion de l’étude, l’UFC Que Choisir, l’association de consommateurs la plus connue, demande à la grande distribution de tenir ses promesses de faciliter l’accès aux fruits et légumes bios pour le plus grand nombre mais également de veiller à ce qu’ils soient disponibles dans les rayons, ce qu’il n’est pas toujours le cas pour certains produits. Et enfin de publier le niveau de marge nette réalisé pour chaque enseigne. Espérons que cela soit fait dans les années à venir, car pour le moment, la grande distribution se goinfre de surmarges.